L’illettrisme numérique un phénomène de société à observer

Ceux qui ont plus de 35 ans aujourd’hui ont parfaitement connu la période dite de « convergence technologique » du début des années 2000. Un passage qui ne s’est pas fait sans douleurs, puisqu’il a nécessité une mise à jour de nos connaissances sur de multiples supports. Téléphonie mobile, informatique, automobile, plusieurs secteurs nous ont contraint à revoir nos logiques d’apprentissage.

 

L’illettrisme numérique un phénomène de société à observer

 

Cependant, beaucoup d’utilisateurs n’ont pas pris le train en marche et se retrouvent désormais totalement démunis. Plus d’une fois certains d’entre nous ont dû expliquer le fonctionnement d’une « smart télévision » ou d’un « smartphone » à une tierce personne. Et il faut dire que cela ne risque pas de s’améliorer avec l’évolution des nouvelles technologies.

 

L’illettrisme numérique un phénomène de société à observerLa nouvelle planche de bord de la Mercedes classe A est parcourue par un deux immenses écrans.

 

Dans la téléphonie mobile, des mises à jour de logiciels peuvent déconstruire une logique de compréhension préalablement acquise. Ne croyez pas que cela se limite à un outil, dans la mesure où des interfaces complexes se retrouvent au sein de véhicules. Le simple fait de passer d’un navigateur GPS à la radio est un exercice en soi. Et cela représente un véritable handicap pour une personne qui ne distingue pas correctement la logique des icônes. Quand vous êtes dans l’incapacité de lire un texte on parle d’illettrisme, aujourd’hui un nouveau phénomène de société se révèle : c’est « l’illectronisme »

 

L’illectronisme, un phénomène réel et exponentiel

 

L’illettrisme électronique ou numérique comme le veut la formule officielle, est un véritable phénomène de société avec lequel les créateurs doivent composer. Dans le secteur du graphisme, la création d’icônes reconnaissables par tous est capitale. Comme vous le savez les représentations graphiques se démultiplient. Prenons pour exemple les icônes du logiciel Android. Ce système d’exploitation est présent sur : les smartphones, les tablettes, les montres, les automobiles ainsi qu’un bon nombre d’objets connectés. Cela représente 2,5 milliards d’utilisateurs dans le monde… Pour vous aider à mesurer ce chiffre, Apple revendique 1,4 milliards d’utilisateurs tous produits confondus. 1,5 milliards pour ce qui est de Windows… Et pour rappel, Google s’est offert une croissance de 1,5 milliard d’utilisateurs en 4 ans.

 

Ces chiffres sont importants pour plusieurs raisons. Ils nous démontrent comment en quelques années les rôles « d’influenceurs numériques » peuvent basculer.  Et surtout pourquoi il ne faut pas minimiser l’importance des nouvelles technologies. Dans les études sur l’illettrisme électronique, il est question d’exclusion socio-professionnelle et de mise à l’écart des personnes incapables de travailler avec des interfaces modernes. Si vous pensez que ces mots sont disproportionnés à la vue de la situation, faisons un test ensemble. Vous allez observer attentivement l’image ci-dessous. Par la suite vous allez identifier toutes les icônes que vous connaissez.

 

L’illettrisme numérique un phénomène de société à observer

 

Comme vous pouvez le voir, il n’est pas aisé d’identifier instinctivement toutes les icônes. C’est pour cela qu’elles s’accompagnent toujours d’un texte qui les définit.

 

L’illettrisme numérique un phénomène de société à observer

 

Néanmoins, le rôle d’un Designer c’est de comprendre que demain il faudra réfléchir à des interfaces inclusives et non réservées à une élite. Dans cet objectif, la compréhension des besoins réels de différents publics amènera à proposer des écrans plus dépouillés qui s’adapteront aux utilisateurs.

C’est dans cette optique d’ailleurs qu’Android se tourne déjà vers la population des sourds et malentendants. Ils représentent presque un demi-milliard d‘usagers à l’échelle mondiale. Ce qui en soi est non négligeable. Le challenge est d’autant plus grand que le cahier des charges pour ce type de projet doit amener les créateurs à se mettre dans la peau des utilisateurs.

 

Le Design Thinking comme outil de développement

 

Design Thinking - L’illettrisme numérique un phénomène de société à observer

Comprendre les besoins réels des utilisateurs fait complètement partie du processus de Design Thinking. Dans un cas de figure comme celui-ci, il est plus qu’important de s’intéresser aux retours des différents types d’usagers sur un système comme Android. Cela permet de déboucher sur une nouvelle manière de percevoir les relations tactiles que l’on va développer dans l’avenir avec nos outils communicants.

 

La gestuelle face à un appareil va de plus en plus s’imposer pour être en véritable symbiose avec les logiciels. Pour exemple, de nos jours les déblocages de mobiles se font par le biais du visage. Pour ce qui est de la reconnaissance vocale, elle ne fait qu’amplifier les possibilités d’interactions. De nombreux studios travaillent dorénavant sur la possibilité de réaliser une série de gestes pour piloter son appareil. Si la technologie n’est pas nouvelle, c’est bien son intégration dans une logique de communication qui fait tout son intérêt.

 

Lever le doigt ou le baisser pour agir sur le niveau du son. Effectuer un geste vers la gauche ou la droite pour passer d’un écran à un autre. Ce sont des actes simples et accessibles à tous. Malgré tout, il faudra rester attentif sur les possibilités de réduction de gestuelles pour contrôler un maximum d’opérations. Et c’est là aussi qu’un Designer peut apporter son savoir-faire. Il peut trouver un moyen pertinent de prendre en compte tous ces paramètres. Et par la suite formuler une proposition ergonomique pour s’intégrer à un écosystème complexe et très répandu.

 

Au fur et à mesure du temps, les nouvelles technologies nécessitent de grandes capacités d’adaptions. Les temps d’apprentissage s’allongent pour des outils qui évoluent trop vite. L’exemple des systèmes d’exploitation qui cumulent plusieurs centaines d’icônes n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est pour cela qu’il faudra anticiper nos futures interfaces pour réfléchir à nos prochaines interactions. Travailler sur des appareils qui s’allègent en boutons et s’alourdissent en fonctionnalités n’est pas le plus simple des challenges.

Le retour en grâce des smartphones dit « basiques » n’est pas étranger à cette complexification des outils communicants. Malgré tout, il faut comprendre qu’être attentif « aux signaux faibles » du public est aussi une des facettes du métier de Designer. En tant que Designer, notre qualité d’observateur nous permet aussi de délivrer des objets et des services au plus près des attentes des clients.

 

Enfin, gardons à l’esprit que parfois de nombreux phénomènes sociétaux peuvent se recouper et créer des profils d’usagers inédits. Cette densification de la psychologie des consommateurs amène à la création de nouveaux comportements, comme celui des Makers. C’est ce que nous aborderons dans un prochain article. Et nous analyserons comment un ensemble de « signaux faibles » peut aboutir à une tendance forte.

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